vetera analecta

Dès la deuxième page, le piège référentiel se referme sur le lecteur audacieux. Le ton est donné : l’œuvre est un labyrinthe caché dans une bibliothèque. Celle de Luis Borges, si ses dimensions sont plus monstrueuses, avait au moins le mérite d’annoncer la couleur : rien ne sert de chercher, nous n’y entendrons jamais goutte.

Là, les indices existent hors du livre. Les références sont là, on les touche des yeux. Ces Vetera Analecta sont bien rangées en bibliothèque. Oui, mais, prévient l’auteur, ce ne sont pas exactement celles-là dont il est question…

Peut-on tirer quelque chose de cette référence bibliographique ? Deux choses, selon moi : d’une part, on n’entre pas dans Le Nom comme dans n’importe quel roman. La route est longue, le niveau est élevé (le titre est donné en latin), et il nous faut du courage. Un paragraphe plein en latin, qui n’est qu’un titre, c’est une façon de bousculer le lecteur dans son horizon d’attente. La manière sèche d’exposer le titre n’y est pas pour rien. D’autre part, le foisonnement du titre est le miroir de l’œuvre : on y trouve de tout, on se perd, on cherche ; comme dans une bibliothèque, si l’on a oublié ses verres…

Je me suis amusé à traduire et à retranscrire la forme de la page des titres de l’œuvre en question.

Billets connexes

Un manuscrit, naturellement

Le manuscrit de Dom Adson de Melk, traduit en français d’après l’édition de Dom J. Mabillon (aux Presses de l’Abbaye de la Source, Paris, 1842) Vetera analecta, sive collectio veterum aliquot operum & opusulorum omnis generis, carminum, epistolarum, diplomatun, epitaphiorum, &, cum itinere  […]

Lire la suite

Billets connexes

marginalia

BestiaireJ11b.jpg, nov. 2019

[Cet article fait partie d’une série sur le Nom de la Rose d’Umberto Eco. Reportez-vous à l’introduction pour plus de détails] Mais reprends le fil, ô mon récit, car ce moine sénescent s’attarde trop dans les marginalia. Dis plutôt que nous arrivâmes à la grande porte de l’abbaye, et que sur le  […]

Lire la suite

Billets connexes

    t'inquiète !

    La décroissance n’a pas d’effets que sur les populations et leur économie. Ce sont les mots qui, parfois, en font les frais. Cette petite expression qu’on prête aux jeunes, mais pas exclusivement, n’avait pas grand-chose pour m’intéresser au premier abord. « T’inquiète ! » (ou « t’inquiète pas »,  […]

    Lire la suite

    notule 2 : les deux Frances

    Tombé aujourd’hui, en pleines vacances sudistes, sur une occurrence rare, quoique parfaitement motivée : – Voyons cependant, si je ne suis pas un parti illustre au point de vue aristocratique, je tiens cependant, par beaucoup de points, au monde dans lequel vous vivez ; le temps où il y avait deux  […]

    Lire la suite

    Haut de page